Notre manifeste

"Le Corps au Centre vise à redonner à notre corps la place centrale qu’il devrait occuper dans notre manière d’appréhender nos existences.

Souvent réduit à un corps-véhicule qui nous permet de nous déplacer, notre corps "est"  nous-même dans un sens fondamental. Loin d’être une enveloppe qui se rappellerait à nous seulement quand on ne peut plus anesthésier nos douleurs, il est l’entité que nous sommes, qui commande ce que nous pouvons et aimons faire.

Les sociétés modernes occidentales dans lesquelles nous avons grandi et évoluons nous ont convaincu que nos corps étaient des sortes de puzzles fonctionnels, dont on pouvait changer les pièces si elles se révélaient défectueuses. C’est cette conception utilitaire du corps que le Corps au Centre vise à décortiquer et déplacer.    ...”

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Comment est né le Corps au Centre.?

Un métier passionnant

Après 6 ans de pratique comme kiné, c’est au détour d’un remplacement que Lise trouve enfin la spécialité qui va lui permettre de concilier ses convictions féministes et son métier: la rééducation du périnée féminin! À une époque où le mot endométriose n’était pas encore banalisé, elle comprend que cette zone méconnue (jusque dans les études de kiné) est une zone comme une autre et... qu’elle se soigne!

Des dialogues avec les patientes

Que ses patientes viennent pour des règles douloureuses ou un suivi de grossesse, elles ont en commun beaucoup d’interro-gations sur leur périnée, et arrivent parfois après une longue errance médicale. Le travail de rééducation implique de démystifier le périnée et de le sentir pour en prendre soin.  

Enseigner
le langage du corps

Cependant, pour le réparer de manière durable, il faut souvent revoir tout son quotidien : sa posture, sa manière de marcher et parfois de respirer ! Chaque geste a son importance. C’est un travail long et parfois compliqué, mais qui permet de mieux comprendre d’où viennent les douleurs. Elle met au point au contact de ses patientes un lexique du langage du corps qu’il faut réapprendre à décrypter et manier, pour influer petit à petit sur son corps.

Revisiter
le quotidien

C’est de cette pratique qu’est née l’envie de fonder le Corps au Centre, pour aider à se connaître assez pour agir pour sa guérison. Il s'agit de se réapproprier son corps, non dans un objectif de contrôle, mais de réelle collaboration intérieure, de comprendre ce qu’il nous dit, et de développer une relation de “care” ajustée pour sortir de la dissociation. Les outils proposés s’inscrivent dans le quotidien, plutôt que d’additionner des injonctions à “toujours plus” d’exercices à rajouter dans des plannings souvent chargés.

Une vision du soin optimiste et incarnée

Un corps
comme un tout

Cette méthode se démarque de pratiques dites “analytiques”, où les parties du corps se soignent indépendamment les unes des autres.

Ici, on considère le corps comme un tout, qui véhicule une histoire et une manière d’être utilisé, autant dans le repos que dans l’effort.

Les organes sont reliés aux autres, les muscles s’utilisent en chaînes, et nos symptômes se lisent comme des maillons fragilisés de cette chaîne.

Une prise en compte de nos vécus

Une personne doit être comprise en entier, à la fois dans l’entiereté de son corps et la profondeur de son histoire, en prenant au sérieux ses besoins spécifiques.

Nos corps d’aujourd’hui sont le résultat d’une histoire souvent occultée. Si comptent bien sûr les gros traumatismes, les opérations, les cicatrices, il y a aussi les pratiques sportives, les petits chutes, les simples habitudes de vies, qui année après année transforment nos corps. Certaines douleurs ou symptômes arrivent après une situation de vie précise et d’autres s’installent tellement progre-ssivement qu’on penserait qu’ils ont toujours été là, mais transforment pourtant notre manière de vivre le monde.

Le vivant
qui se répare

Il est admis que le corps peut réparer une fracture ou cicatriser un tissu : le corps est vivant !

Cette capacité à se réparer s’applique aussi à toutes nos cellules et donc à nombre de douleurs chroniques, qui pourraient disparaitre si on laissait au corps l’espace d’opérer sa guérison et qu’on favorisait ses conditions.

Tout au long de la vie, le corps peut guérir ses blessures, les plus récentes comme les plus anciennes.

Les axes de travail du Corps au Centre

Comprendre le "pourquoi" de nos corps

Dans notre culture, nos douleurs sont principalement expliquées par des raisons héréditaires "ma mère a la même chose”, psychologiques “j’ai mal quand je suis stressée” ou “je somatise”, émotionnelles “ma colère se loge là”, d’identité structurelle “je n’aime pas le sport” ou “j’ai toujours été comme ça” ou encore hormonales “ce sont mes règles qui arrivent”, “c’est la ménopause”.

Mais très rarement on cherche à comprendre fondamentalement le pourquoi ! Pourquoi mes hormones sont déréglées? Pourquoi j’ai du mal à respirer quand je suis stressée? Pourquoi un fibrôme est apparu ? etc. Autrement dit, que se passe-t-il réellement dans le corps ?

Changer notre rapport à notre corps

Mais comprendre le pourquoi n’est que le début du processus ! L’objectif est de changer notre rapport à notre corps et notre manière de l’habiter, pour agir de manière durable. C’est un prisme de lecture qui met en avant la biomécanique du quotidien et le vécu “cellulaire” de nos mouvements.

C’est se rendre compte que s’asseoir les jambes croisées a un impact durable et négatif sur tout notre corps, c’est comprendre que parfois l’anxiété est avant tout une tension du diaphragme qui nous empêche de respirer correctement, ou encore de noter le mouvement qui pourrait déclencher une migraine.  

Mais c’est aussi comprendre que nous lisons notre corps au travers du lien que nous avons avec lui, et que plus on est dissocié-e de nos ressentis, plus apprendre à le connaître implique un changement de fond qui peut être compliqué à mettre en place, surtout dans un contexte de vie instable. Travailler sur notre rapport à notre corps doit se faire en coopération avec nos propres ressources.
 
 

Changer notre dynamique de soin

Se comprendre nous permet de continuer de chercher des solutions et des réponses. Décrypter ses douleurs et ses symptômes ne nous dispense pas d’un suivi médical. Au contraire, cela doit nous donner la légitimité d’oser demander de l’aide. C’est avoir le vocabulaire pour expliquer sa problématique au corps médical et savoir décrire avec précision la zone lésée.

Mais, même en dehors du médical, savoir expliquer ce qu’il se passe dans notre corps est aussi le début du dialogue avec nos ami.e.s, notre famille, etc. Avoir les mots permet d’échanger et de sortir de l’isolement et de la honte des douleurs cachées. C’est visibiliser nos corps et la difficulté du travail d’en prendre soin. Telle la psychothérapie longtemps restée tabou, il est temps de normaliser l’exploration longue en “corpo-analyse”.

Les Décortiqueuses

Avant le Corps au Centre, il y a d’abord eu l’association Les Décortiqueuses !

Fondée en 2024 par Lise Heitzmann, Ingrid Falquy et Safae Moatassime, elle a pour but de vulgariser les savoirs sur les corps féminins à travers différents supports (livre, conférences, groupes de parole, etc.).

Ensemble, elles écrivent et illustrent un livre, le Manuel de compréhension du périnée.

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